Ce soir, au début du Conseil municipal, une forte mobilisation des agents de la collectivité ainsi que des représentants syndicaux de l'agglomération et de la ville d'Albi sont venus pour demander l'ouverture d'une discussion sur la négociation du temps de travail.
Face au mutisme du Maire, David Kowalczyk a pris la parole pour demander la suspension du Conseil et la tenue d'une réunion avant ce dernier. Devant le refus du maire, l'assistance a poursuivi l'occupation du conseil municipal.
Je suis alors intervenue en demandant au maire de sortir par le haut de cette situation et de proposer un calendrier de rencontres, avec date, horaire et ordre du jour pour engager un dialogue concret. Refus du Maire.
Au bout de 3/4 d'heures de chahut, force est de constater que le Maire et sa majorité n'ont pas souhaité intervenir. Après concertation du groupe d'opposition de gauche, j'ai pris la parole et annoncé que notre groupe face au refus de dialogue se retirait du Conseil municipal. Nous avons attendus à l'extérieur de la mairie en présence de nombreux agents de voir la situation se débloquer. Malheureusement, les élus de la majorité ont alors suspendu la séance et n'ont pas souhaité discuté plus avant, se regroupant alors à l'étage supérieur de la mairie.
Cette situation est inédite à Saint juéry où aucun conflit n'ait intervenu au cours des 5 à 6 derniers mandats...de mémoire d'agents. Face à cette situation, je tiens à rendre public ce soir, la position des socialistes de Saint Juéry sur l'ouverture de la négociation du temps de travail, contenu que nous avons pu détailler à certains agents en prenant le temps de la discussion.
Ci joint le texte comprenant notre position :
Une fois n’est pas coutume, je prendrai la parole au titre des élus socialistes du groupe bien vivre ensemble à Saint Juéry
"Nous constatons que notre municipalité « dite de gauche » éprouve des difficultés à nouer un vrai dialogue social avec ses agents. Ce constat est amère, pour nous socialistes. Nous le regrettons, comme nous avons pu le dire cet après midi lorsque nous avons été reçu, et ce pour la première fois du mandat par monsieur le Maire.
Cependant, nous ne souhaitons pas sur ce sujet délicat faire de la politique politicienne et renvoyer vertement la majorité municipale à ses responsabilités sans en prendre notre part, car nous n’avons jamais été des élus à nous dérober face aux responsabilités.
La décision d’ouvrir des négociations sur le temps de travail, qui je le rappelle, a fait l’unanimité d’un des bureaux de l’agglomération, pour les agents de l’agglomération, nous le soutenons, à condition que celui ci se fasse dans un véritable esprit de discussion et d’échanges.
Pourquoi nous sommes pour l’ouverture de ce dossier : la situation qui a permis l’accord de 2002 n’existe plus. La défense des 35 h passe par leur application rigoureuse dans le privé comme dans la fonction publique.
Si les agents n’assurent pas la durée légale du temps de travail., il faut y remédier. Le bureau de l’agglomération a émis sur le conseil du service des ressources humaines conjoint entre la ville d’Albi et l’agglomération, trois scénarios, basé sur le temps de travail de 1607 heures, soit le respect strict des 35 h pour lesquels en tant que socialistes nous défendons les bienfaits et dénonçons les renoncements dans des accords d’entreprises dont les exemples ne manquent pas.
Notre vigilance sur le respect de cet avantage social reste totale.
Ainsi, l’un des scénarios proposés à la discussion limite la baisse des nombres de jours de RTT, jours sur lesquels nous pensons que les agents sont attachés et donc de négocier alors sur le temps de travail journalier. Il est d’ailleurs écrit dans la délibération que seuls les jours non validés d’ancienneté sont concernés par la négociation et il y a donc un respect des acquis des agents.
Cette nécessité d’ouvrir les négociations a principalement deux fondements :
- d’une part les remarques de la cour des comptes sur le temps effectif des agents inférieur au 1607 h , temps de travail légal en France,
- et d’autre part des contraintes financières auxquelles sont confrontées les collectivités locales par la baisse des dotations de l’état.
Ainsi, si la municipalité de Saint Juéry a souhaité ouvrir le dossier du temps de travail dans le même temps, ainsi qu’au conseil départemental, pensant ainsi « faire passer ces changements dans la foulée » l’équipe majoritaire reste libre du contenu, du planning et de l’ensemble du dossier « temps de travail » de ses agents.
Rien, ni à l’agglomération, ni sur la commune, ne nous oblige à avancer à marche forcée, La concertation, le dialogue et les contreparties doivent être une règle de conduite d’une municipalité de gauche.
De plus, il nous semble qu’en tant qu’élus socialistes, il est particulièrement utile de rappeler suite à des interventions entendues sur des journaux locaux, que les agents des collectivités ne sont pas des nantis et que les stigmatiser en cherchant à les opposer aux contribuables saint juériens qui souffrent, c’est oublié que pour la majorité d’entre eux leur rémunération est proche du SMIC. Qui d’entre vous vit actuellement avec ce niveau de rémunération ?
Ils sont à ce titre des citoyens, parfois, voir majoritairement saint juériens, à faible pouvoir d’achat.
Ainsi, nous en appelons à ce que le dialogue puisse s’exercer sans épée de Damoclès sur la tête.
Nous en appelons à vos valeurs de gauche monsieur le Maire, à votre reconnaissance du travail et de l’investissement de nos agents au service de la collectivité, au respect des spécificités de chacun des métiers représentés et d’éviter de les opposer les uns contre les autres. Nous en appelons à ce pourquoi nous avons dit oui, c’est à dire à ouvrir de vraies négociations.
Telle est votre responsabilité et face à ce défi, nous serons des élus responsables, vigilants et respectueux des agents qui exercent des métiers au service du public et au service de nos concitoyens."
Les élus socialistes du groupe Bien vivre ensemble à Saint Juéry